Je les aide à se rencontrer.

Dans le monde du coaching, du développement personnel et du leadership, une phrase revient souvent :
« Le coaching aide à changer ».

Je ne suis pas d’accord.
Ou plutôt… pas complètement.

👉 Je n’aide pas les gens à changer. Je les aide à se rencontrer.
Et c’est précisément là que tout commence.


Le mythe du changement imposé

Changer est devenu une injonction permanente :

  • changer de posture
  • changer de comportement
  • changer de mindset
  • changer plus vite, plus fort, plus efficacement

Dans les organisations comme dans la vie personnelle, le changement est souvent vécu comme :

  • une pression extérieure
  • une norme à atteindre
  • un idéal à incarner

Résultat ?
👉 Résistance, fatigue, perte de sens, voire rejet du processus d’accompagnement.

Le problème n’est pas le changement.
Le problème, c’est de vouloir changer avant de se comprendre.


Se rencontrer avant de se transformer

Dans mon approche du coaching individuel et du coaching d’équipe, je pars d’un postulat simple :

On ne transforme durablement que ce que l’on reconnaît pleinement.

Se rencontrer, c’est :

  • prendre conscience de ses fonctionnements réels (pas idéaux)
  • identifier ses automatismes, ses stratégies, ses zones de confort
  • reconnaître ses peurs, ses élans, ses contradictions
  • remettre de la présence là où il y avait du pilotage automatique

Ce n’est ni confortable, ni spectaculaire.
Mais c’est profondément structurant.


Le coaching n’est pas une réparation

Je refuse une vision du coaching comme un outil pour :

  • corriger un défaut
  • combler un manque
  • réparer une personne

👉 Le coach n’est pas un mécanicien du comportement humain.

Dans la lignée de l’approche humaniste développée par Carl Rogers, je considère que :

  • la personne n’est pas « à corriger »
  • les ressources sont déjà là
  • le rôle du coach est de créer un cadre sécurisant de prise de conscience

Le changement n’est pas un objectif.
Il est une conséquence.


Ce qui se passe quand quelqu’un se rencontre vraiment

Quand une personne se rencontre authentiquement, quelque chose bascule.

Elle commence à :

  • faire des choix plus alignés
  • poser des limites plus justes
  • communiquer avec plus de clarté
  • assumer sa posture professionnelle
  • sortir des rôles qu’elle jouait pour être acceptée

👉 Et souvent, sans même s’en rendre compte…
elle change.

Mais ce changement-là :

  • n’est pas forcé
  • n’est pas plaqué
  • n’est pas fragile

Il est organique, durable et cohérent.


En entreprise : moins de “change management”, plus de conscience

Dans les organisations, on parle beaucoup de conduite du changement.
Mais on oublie souvent l’essentiel :

➡️ Les équipes ne résistent pas au changement.
Elles résistent à ce qu’elles ne comprennent pas ou ne reconnaissent pas.

Quand les managers et les équipes prennent le temps de :

  • se comprendre individuellement
  • se rencontrer collectivement
  • clarifier leurs fonctionnements relationnels
  • nommer les non-dits

Alors :

  • la coopération s’améliore
  • les conflits diminuent
  • l’énergie collective remonte
  • la performance devient une conséquence, pas une injonction

Le rôle du coach : miroir, pas moteur

Mon rôle n’est pas de pousser.
Ni de tirer.
Ni de convaincre.

👉 Mon rôle est d’être :

  • un miroir exigeant et bienveillant
  • un facilitateur de lucidité
  • un espace de ralentissement dans un monde pressé

Le vrai levier de transformation n’est pas la motivation.
C’est la conscience.


Pourquoi cette posture change tout

Dire « je vous aide à changer » flatte l’ego… mais crée une dépendance.
Dire « je vous aide à vous rencontrer » :

  • responsabilise
  • autonomise
  • redonne du pouvoir personnel

C’est une posture plus humble.
Mais infiniment plus puissante.


Et si le vrai courage n’était pas de changer… mais de se regarder ?

Se rencontrer demande :

  • du courage
  • de l’honnêteté
  • de la lenteur
  • parfois de l’inconfort

Mais c’est le prix à payer pour :

  • une posture professionnelle solide
  • un leadership incarné
  • une transformation durable

👉 On ne change pas parce qu’on nous le demande.
On change quand on se comprend.


En conclusion

Je n’aide pas les gens à changer.
Je les aide à se rencontrer.

Et quand la rencontre est vraie,
le changement n’a plus besoin d’être forcé.

Il s’impose naturellement.